Juste un récit des différents voyages que j'ai

eu la chance de parcourir depuis toutes ces années. Je souhaitais les partager avec mes proches mais aussi avec tous ceux qui aiment

ou qui aimeraient voyager.

Le Canada à vélo

Introduction

Ce voyage reste à mes yeux une expérience humaine hors du commun. Toute l’histoire que je vais vous conter est du domaine de l’irréel. Un peu d’historique pour faire un petit retour en arrière. Un an auparavant, j’étais parti avec mon meilleur ami Olivier au Danemark, qui était déjà une aventure sportive et humaine très intéressante en Tandem et Canoë.

Nous voulions recommencer une aventure sportive à plus grande échelle et notre choix s’est arrêté sur le Canada en V.T.T. Toute l’année qui a précédé notre départ, j’ai fait un entraînement intensif pour espérer être au niveau le jour J.

Je suis allé de mon habitation au travail (environ 20 kms) pendant tout l’hiver et le printemps à vélo ou à pied chaque jour concentrant ma préparation sur de l’endurance sachant que nous savions que les étapes seraient dures et longues lors de notre périple.

Je me souviens, dès que j’arrivai au travail, étant le premier dans les locaux, j’utilisai les toilettes pour me laver au lavabo, enfilai mon costume comme si de rien n’était et je rangeai mon V.T.T. au fond de mon bureau. Bien sûr, il y avait de la curiosité et je vantai tellement mon périple que je n’avais pas le droit à l’échec dans des services commerciaux où seul un mot transpirait : « winner ».

Notre condition était tellement au point que nous faisions cet hiver-là, Paris Mantes à la marche de nuit sur 54 kms à un rythme soutenu.

J’essayai de convaincre mon grand patron afin qu’il me donne une chance en tant que commercial. Je lui transmis, dès le mois de mai, le souhait d’avoir des produits de mon entreprise pour m’alimenter tout au long de notre parcours, des produits déshydratés (taboulé, risotto, des gâteaux, du riz au caramel), tout ce qui était compact, mais utile.

Avant de détailler chacune de nos étapes, voici le parcours dans sa globalité : 1800 kms en 21 jours et pour couronner le tout nous avons été invité 17 fois, nourris, logés, blanchis et sortis. Tous les gens que nous avons rencontrés étaient tous plus généreux les uns et les autres.

Si l’un d’entre eux se reconnaît dans l’une de ses étapes, encore un grand merci pour l’expérience humaine que nous avons vécue grâce à eux.

Les étapes : Montréal, Québec, Accueil Mercier, Les Laurentides, Le Lac Saint-Jean, Chicoutimi, Le Charlevoix, Québec, Le Lac Champlain, Etat du Vermont, Etat du New York.

Montréal

Dès notre arrivée à Montréal, nous nous sommes installés dans un coin de l’aéroport après avoir récupéré tous nos bagages y compris notre énorme carton dans lequel se trouvait nos vélos en kit.

Minutieusement, nous bichonnions notre outil de travail, qu’était notre vélo chargé des sacoches avant et arrière remplies de vêtements et de nourritures et de petits matériels. Une fois ce travail terminé, nous nous engagions sur la première route à la sortie de l’aéroport, une sorte de voie rapide (genre autoroute). Ce fut des débuts difficiles pour des cyclotouristes.

Il était 13 heures environ et nos estomacs commençaient à gargouiller. Première halte pour ne pas perdre les bonnes habitudes, nous croisions un Mac Do pour ne pas le citer. Sous un ciel bleu, nous profitions de la terrasse pour déjeuner et moi comme à chaque fois que je mange sous cette enseigne, je commande un « Big mac » sans sauce. Après le temps de la préparation de mon sandwich, je déposais mon plateau composé de frites sur une table

et en un instant, une frayeur spontanée me prit, mon plateau venait d’être dévasté et dévoré par une dizaine de corbeaux, (le fantôme d’Hitchcock est apparu). Avec plus de peur que de mal, nous reprenions la route avec un grand plaisir. De Montréal, nous nous dirigions petit à petit vers le Québec. Une fois sur place, nous primes la direction de l’office du tourisme pour valider notre parcours. Québec, quelle belle ville!!!

Québec

Québec est le berceau de la civilisation française en Amérique du Nord. Elle touche le Saint Laurent, l’un des plus grands fleuves au monde. Notre vrai point de départ se situait au château de Frontenac sur les planches en bord de berges au cœur du Vieux-Québec.

Quelques kilomètres après notre départ, nous visitions la chute de Montmorency se situant

à 84 mètres de haut (30 mètres au dessus de celles du Niagara), un spectacle éblouissant et éclaboussant. Nous descendions au maximum de nos possibilités pour se rendre vraiment compte de la pression dégagée.

Notre périple nous dirigeait par la suite vers la réserve faunique des Laurentides. Quand

une fin d’après midi, nous cherchions un endroit où mettre notre tente, sans succès, nous aperçûmes au loin un centre d’accueil.

Sans se dégonfler, je laissai la garde des deux vélos à Olivier, et j’allais négocier un endroit pour dormir. Dès que les présentations furent faites, l’accueil Mercier, nous offrait l’hospitalité les bras ouverts. Cet accueil rassemblait un ensemble de jeunes entourés d’éducateurs pour apprendre à mieux vivre en collectivité tout en faisant un certain nombre de tâches dans les camps de pêches, le nettoiement des parcs et des lacs avoisinants.

Après l’acceptation des personnes de l’Accueil Mercier, je faisais signe à Olivier se trouvant

à une centaine de mètres avec les vélos de venir nous rejoindre.

Je ne comprenais pas, il nous faisait des signes avec persistance comme s’il était tout fier d’être parmi nous. Erreur, ce n’était pas des signes, mais un combat qu’il menait durement contre les « bibittes  ». Pour ceux qui ne connaissent pas cette race de moustiques, c’est l’enfer, ils vous attaquent par dizaines. Cela peut même être dangereux et ils ont déjà gâché plusieurs fois des vacances à certains touristes. Le seul remède efficace est un produit de la marque Johnson, c’est du « OFF ».

Autour d’une grande tablée, nous avons parlé de nos différentes cultures, tout l’intérêt était porté à notre langue, notre pays tant apprécié par la population québécoise. Nous avons partagé un grand dortoir après une veillé dans la forêt marécageuse à l’écoute des loups et

des meutes, au faux silence d’une forêt en pleine nuit, le vent circulant dans les arbres, les branches et les feuilles. Nous épions, éclairés par la pleine lune, tous les bruits suspects et parfois imaginaires, à la rencontre de porc-épic traversant notre chemin. Nos discussions finirent autour d’un feu, assis sur des troncs d’arbre, les branches crépissantes et les yeux émerveillés par les flammes.

Bien plus tard lors de notre séjour, nous avons croisé une jeune ado présente dans l’accueil qui nous a ouvert l’hospitalité chez ses parents dont le logement était limitrophe de la frontière américaine.

Toute cette histoire ou plutôt ce périple fut une aventure humaine inoubliable, cela restera dans nos cœurs à jamais : 1800 kilomètres chez nos cousins québécois.

Les Laurentides

Eté comme hiver, ce paradis de la villégiature couvert de montagnes et de lacs attire les vacanciers de tous les horizons en quête de grand air et d’espace. Les camps de pêches, les pistes de ski de fond, les rivières et même des golfs de hautes technologies éclairées la nuit

de manière à pratiquer cette discipline à n’importe quelle heure, nous enchantèrent par sa grandeur et son apaisante sensation de tranquillité. En moyenne, nous réalisions une centaine de kilomètres par jour et la plus petite étape fut une trentaine de kilomètres maxi suite à la rencontre d’un couple. Nous nous arrêtions sur le chemin pour manger des glaces aux parfums originaux, je me souviens de glace à la violette ou au bleuet. Un couple d’une quarantaine d’années nous aborda, discuta avec nous de notre parcours et nous convia à les suivre pour passer une soirée en leur compagnie au lac Saint Jean. Nous étions interrogatifs, où nous emmenaient-ils ? Quels seraient nos rencontres ?, etc….

C’est une famille avec deux enfants comme il en existe plein d’autres, chaleureux, conviviaux avec le cœur sur la main, toujours prêt à rendre service et faire plaisir, même à des gens qu’ils ne connaissent pas. Logés dans un grand pavillon avec tout l’équipement moderne (dix ans d’avance sur la France), nous avons été nourris, logés, blanchis et… sortis.

Sans savoir où nous allions, après le dîner, tous ensemble nous nous dirigeâmes vers le gymnase de la commune, toujours dans l’inconnu et le plaisir de nous faire de nouvelle surprises. Ils nous emmenèrent à un bal organisé pour des cars de touristes français logeant chez l’habitant, une fête spécialement prévue pour leurs « cousins français ».

De la danse, des rires, des chants, il s’agissait tout simplement de gens heureux d’être en notre compagnie comme s’ils nous connaissaient depuis plusieurs décennies.   

Malgré toutes ces années, j’ai gardé la chanson écrite sur la feuille qu’ils nous ont remis

en chantant en cœur cette chanson démontrant tout l’amour qu’ils avaient pour nous. Emotionnellement, cela nous était impossible d’être indifférents à cette générosité

hors du communs.

Tous les autres touristes avaient payé dans leur séjour cette étape, nous, nous avions eu la chance d’être à un endroit, à une même heure où ce couple mangeait comme nous une

bonne glace en plein milieu des Laurentides.

Le lendemain, nous allions voir le beau-frère qui participait aux championnats du monde

« de force », tirer un camion avec une corde, scier des troncs en un temps record, lever des poids, etc… A ceci s’ajoutait la beauté des véhicules utilisés l’hiver, des motoneiges très puissantes de couleur rouge comme une Ferrari qui brille.

Une fois encore, le mari travaillant dans une porcherie au fin fond du Charlevoix, nous

invita pendant sa semaine de travail à le rejoindre dans son chalet abandonné dans la

nature autour d’un barbecue.

Une petite parenthèse sur un plat typiquement québécois. Parmi nos nombreuses haltes

au bord de la route, nous déjeunions fréquemment ce met incontournable qu’est

« la poutine », la fameuse poutine constituée de frites et de fromage en grains (pour être

un peu plus précis du cheddar frais) que l’on recouvre d’une sauce chaude tomatée enveloppant le fromage en le faisant fondre. On oublie un instant le côté diététique et

l’on apprécie.

L’étape suivante est pour moi un grand souvenir. Avez-vous déjà vu des camions ayant jusqu’à trois remorques, ce sont des trains et si vous prenez une photo avec deux cyclotouristes à côté, cela ressemble à des Playmobil. Notre parcours devenait de plus en

plus montagneux. On apercevait même quelques panneaux nous indiquant des hauteurs

de plus de 1000 mètres. Les gens qui nous regardaient bizarrement un matin alors que nous prenions notre petit déjeuner dans un de ces bars routiers où tous les camions s’arrêtent.

On a vite compris la difficulté à laquelle nous nous attaquions sachant qu’il n’y avait qu’une seule route. Le hic, c’est que nous, nous ne connaissions par le parcours. Aussi, pour optimiser le défit à relever, un léger vent était présent, nous étions prêts à affronter le mur

de la mort avec un pourcentage très élevé. Malgré cela, nous parcourions les premiers lacets admirant le paysage toujours aussi joli, entourés de sapins, de rivières, de cascades. Nous transpirions par l’effort, quand arriva devant nous ce mur incroyablement impressionnant.

Devant une réelle difficulté, beaucoup de personnes font leur signe de croix, remettant à Dieu, l’aide nécessaire à l’accomplissement de la difficulté. Olivier le « warrior » de service, avançait à son rythme, prenait des trajectoires très rondes, souffrait, mais résistait. Quant à moi, la limite fut vite atteinte et l’avant-dernière solution qui se présentait à moi, était de marcher à côté du vélo.

Pourquoi l’avant-dernière ? Dans la vie de tous les jours, je suis « areligieux », c’est-à-dire

que je ne crois en aucune religion et que ma seule croyance est de croire en moi devant

toutes difficultés.

Par le plus grand des hasards, sur cette route où passait un camion ou un véhicule à l’heure, j’entendais derrière moi le son d’une vieille pétrolette, d’où s’extirpa un personnage sortant d’un magasin de farces et attrapes ou dans un instant T, un personnage ressemblant fortement à Jésus. Il était âgé, avec une longue barbe grise, des lunettes vertes fluo dont chaque verre avait un diamètre de dix cm, un extra-terrestre. Il me proposa d’accrocher une corde aussi âgée que lui à mon vélo, sa pétrolette des années 60 surpuissante m’a conduit

au sommet, dépassant même Olivier qui tirait la langue comme un bœuf. Je lui fis

« coucou » avec beaucoup d’ironie et de plaisir.

La chance de nos rencontres était toujours au rendez-vous et cela nous annonçait encore d’autres futurs moments exceptionnels.

L’étape suivante fut encore d’un autre calibre : un peu de calme dans notre parcours,

vitesse de croisière 25 kms / heure, soleil de plomb, jusqu’à 40° en pleine après-midi.

Pour nous rafraîchir, nous nous délectâmes de quelques baignades dans des rivières

croisant notre chemin, loin des pêcheurs assidus.

Lors d’un arrêt, nous avons croisé un couple de retraités originaires du Jura, expatriés au Québec. Dans un laps de temps très court, cinq minutes, nous avions sympathisé. Ce couple nous convia à venir les voir à Québec, ils nous laissèrent leur carte de visite et continuèrent leurs vacances dans différents camps de pêche.

Quelques jours après, çà tombait bien, après avoir grimpé dans les Laurentides, passant par Chicoutimi et le Charlevoix, se faisant toujours invité chez les gens pour se loger, nous arrivions à l’entrée de Québec par une grande descente, flippante à 80 kms / heure. Nous avions toujours la crainte qu’une roue se dévisse ou la peur de la crevaison, en ayant eu deux auparavant.


Comme à chaque étape, culottés nous l’étions, prenant la première cabine téléphonique,

nous avons téléphoné à ce couple rencontré quelques jours auparavant : Allo ! C’est Patrick

et Olivier, les deux cyclotouristes. - Comment vas-tu ? Tu m’écoutes ? Viens-tu dans ma maison ? Tu suis les résidences du parlement et tu es arrivé.

Une pointe d’humour tant l’accent finissait souvent les questions par « tu », une note de campagne bien de de chez nous, mais fort agréable dans une situation de partage et de communication. Nous voilà arrivés devant les grilles du parlement, devant les pavillons, des carrés de pelouse tondus au ciseau, des jardins privatifs plus beaux les uns que les autres. Accueillis dans leur maison, nous soupions, profitions avec eux en soirée de la fête nationale dans le vieux Québec. Ils nous prêtèrent un appartement d’environ 70 m², tout équipé et très moderne.

A notre plus grande surprise, le lendemain matin, nous avions découvert un mot sous la porte nous indiquant qu’ils repartaient dans un camp de pêche, nous demandant tout simplement de rester autant de temps que l’on souhaitait et que si nous partions, de remettre la clé à un endroit précis.

Des gens avec qui nous avions sympathisé cinq minutes, passé une soirée, nous firent une totale confiance sans vraiment nous connaître. Malgré les années, j’ai gardé ce mot qui me paraît hors du communs de nos jours.

Le périple était loin d'être terminé et d'autres grandes anecdotes sont présentes dans ce livre autour de ce voyage inoubliable mais aussi tous les autres, des pays ou capitales européennes, de l'Australie et sa nature hors du commun, d'un renouvellement de vœux à Las Vegas à la rencontre du Père Noël au fin fond du Cercle polaire en Laponie, des voyages sous toutes ses formes, que ce soit des aventures sportives, de la farniente, des vacances très organisées aux vacances sauvages, peu importe, juste le plaisir d'aller découvrir quelques aspects du monde et des êtres humains... 

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Joyez Patrick

 

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